Dossier : Godzilla et Hollywood

Publié le 11 Mai 2014

Pour célébrer le retour du King of Monsters sur les écrans, retour sur les projets d'adaptations de Godzilla sur le sol américain...

GODZILLA : KING OF THE MONSTERS 3-D

Fin des années 80. Godzilla est déjà une icône de la pop-culture japonaise depuis 30 ans. Le réalisateur Steve Miner (Vendredi 13 Part 2 & 3, Lake Placid) reçoit l'autorisation de la Toho, qui détient les droits de la franchise niponne, pour réaliser un remake à destination du marché américain. Le concept ? Prendre tout ce qui a rendu Godzilla célèbre au pays du soleil levant et le transposer de l'autre côté du Pacifique, à Hollywood. Et en 3-D !

Avec le scénariste Fred Dekker (Monster Squad) l'illustrateur William Stout et le spécialiste des effets spéciaux Rick Baker (Greystoke, Le Loup-garou de Londres, Men In Black...) Miner tente de mettre sur pied le projet. Malheureusement, aucun studio américain ne veut investir 30 millions dans ce blockbuster...

GODZILLA: KING OF THE MONSTERS 3-D
GODZILLA: KING OF THE MONSTERS 3-DGODZILLA: KING OF THE MONSTERS 3-D
GODZILLA: KING OF THE MONSTERS 3-D

GODZILLA: KING OF THE MONSTERS 3-D

GODZILLA vs THE GRYPHON (GODZILLA 94)

En 1992, TriStar Pictures achète les droits de Godzilla pour produire une trilogie, avec la promesse de "rester fidèle à l’œuvre originale". Ted Elliott et Terry Rossio (futurs scénaristes de la saga Pirates des Caraïbes) livrent la version finale du script en 1994, qui séduit aussitôt le réalisateur Jan de Bont (Speed).

Dans ce scénario très orienté science-fiction, Godzilla est le fruit des expérimentations d'une ancienne civilisation. Le titan reptilien doit protéger la planète d'un monstre extra-terrestre débarqué dans une météorite, le GRYPHON. Les deux ennemis finissent par s'affronter dans les ruines de New-York.

Stan Winston (Terminator, Jurassic Park, Aliens), Crash McCreery, Ricardo Delgado et Jeff Farley sont engagés pour créer les effets spéciaux. L'équipe de Winston construit une maquette du nouveau Godzilla, vibrant hommage au design original. A en juger par les photos de pré-production, ce remake s'annonce très proche des films de la Toho. La sortie est prévue pour 1996, mais l'histoire se répète : en pleine pré-production, le studio refuse le budget conséquent de 130 millions et stoppe le projet !...

GODZILLA VS THE GRYPHON (GODZILLA 1994)
GODZILLA VS THE GRYPHON (GODZILLA 1994)
GODZILLA VS THE GRYPHON (GODZILLA 1994)
GODZILLA VS THE GRYPHON (GODZILLA 1994)
GODZILLA VS THE GRYPHON (GODZILLA 1994)
GODZILLA VS THE GRYPHON (GODZILLA 1994)
GODZILLA VS THE GRYPHON (GODZILLA 1994)
GODZILLA VS THE GRYPHON (GODZILLA 1994)

GODZILLA VS THE GRYPHON (GODZILLA 1994)

GODZILLA 1998

En 1996, Centropolis Entertainment, TriStar et Sony tentent – pour une troisième fois - d'importer Godzilla à Hollywood pour un gros budget de 150 millions.

Le duo Roland Emmerich/Dean Devlin (Stargate, Independence Day) signent pour une trilogie à condition « de la faire à leur façon ». Emmerich, écolo et anti-nucléaire convaincu, dépouille le concept original japonais à l'extrême : il veut faire de Godzilla un animal qui « pourrait hypothétiquement exister dans notre monde actuel ». Notre titan radioactif devient ainsi un iguane du Pacifique, muté par des essais nucléaires français à la fin des années 60.

Le designer franco-grec Patrick Tatopoulos (Stargate, Pitch Black, Underworld) accepte de donner au monstre iconique une seconde jeunesse. Godzilla adopte désormais la position du théropode (groupe qui comprend les dinosaures bipèdes carnivores comme le Tyrannosaurus), avec une colonne vertébrale à l'horizontale et une queue en guise de balancier. Sa taille et son poids relativement moyens (comparée à son « cousin » japonais) lui permettent de « sprinter » sur des terrains plats. Il se déplace également sous terre en creusant avec de puissantes griffes. Il ne possède pas de « souffle atomique » et est très vulnérable aux armes humaines. Cerise sur le gâteau, ce nouveau Godzilla est capable de pondre des centaines d'oeufs pour assurer la survie de sa race. Et il compte bien couver ses petits à ...New-York.

Un choix déroutant mais qui s'inscrit totalement dans la démarche d'Emmerich qui tient à ce que la bête soit « réaliste ». La Toho sent la colère gronder dans les communautés de fans du Godzilla japonais, mais décide de ne pas s'interposer dans les décisions hollywoodiennes.

Matthew Broderick, Kevin Dunn, Doug Savant, Maria Pitillo, Hank Azaria et Jean Reno sont annoncés au casting. Le tournage se déroule en 1997 pour une sortie fixée à mai 1998. Mais même si le succès de Godzilla est au rendez-vous, le film est loin de faire l'unanimité. Les fans de la saga originale déplorent les stéréotypes, l'humour et surtout la vulnérabilité du monstre qui n'a rien de l'icône japonaise. Les nombreuses critiques négatives achèvent toute tentative de mettre en chantier les deux suites prévues dans le contrat. Le pauvre Godzilla se verra renommer GINO (Godzilla In Name Only) par ses détracteurs. Le studio Toho lui-même sanctionnera Hollywood en désavouant le monstre de Emmerich...au point de le renommer tout simplement ZILLA !

GODZILLA 1998
GODZILLA 1998
GODZILLA 1998
GODZILLA 1998
GODZILLA 1998
GODZILLA 1998

GODZILLA 1998

GODZILLA 2

Malgré l'impopularité du remake américain auprès des fans de la saga originale, le président de la TriStar, Amy Pascal, aurait déclaré « si le film fait 400 millions de recettes, on fait une suite. C'est aussi simple que ça ». Voilà donc GODZILLA 2 planifié pour début des années 2000.

Roland Emmerich et Dean Devlin se mettent à travailler sur un script avec l'aide de Tab Murphy (Atlantis : l'Empire perdu). L'histoire démarre là où le précédent film s'est arrêté. Dans les ruines de Manhattan, Nick Tatopoulos (Matthew Broderick) découvre le dernier bébé Godzilla qui a survécu aux bombardements militaires. La créature s'enfuit dans l'East River. Deux ans plus tard, des rumeurs font état de la présence de créatures non identifiées dans le Pacifique. Tatopoulos et l'agent français Philippe Roache (Jean Reno) décollent pour l'Australie, où ils ne tardent pas à découvrir un Godzilla désormais adulte...et qui s'est déjà reproduit ! Mais le titan et ses petits ne sont pas responsables des destructions sur le littoral. Il s'agit d'un autre monstre issu d'une terrible mutation...

Les scénaristes se rendent vite compte du manque d'enthousiasme du public et des actionnaires pour cette suite. Le projet GODZILLA 2 se met à patiner pour finalement atterrir dans les tiroirs. La même année, la Toho décide de faire disparaître l'arrière-goût amer du remake de 1998 et sort GODZILLA 2000, qui ouvre la période Millenium, sorte de reboot de leur propre saga. Dans GODZILLA: FINAL WARS de Ryuhei Kitamura (2004), Godzilla fout une râclée monumentale à son cousin américain, histoire de rappeler qui est le patron !

Le scénario de GODZILLA 2 sera repris pour l'épisode Pilote de la SÉRIE ANIMÉE. Les droits de TriStar concernant la licence américaine expirent en 2003.

GODZILLA : LA SÉRIE (Godzilla : The Animated Series)

Suite directe du film de Roland Emmerich sous forme d'une série animée de deux saisons (40 épisodes de 23 minutes). Les principaux personnages du film font leur come-back comme Nick Tatopoulos, le major Hicks ou encore l'agent français Philippe Roache (dont le doublage n'est pas assuré par Jean Reno).

Contrairement au film dont cette série est tirée, nous sommes dans un esprit très proche de la saga originale de la Toho. Notre équipe pourchasse des mutants et des aliens apparus aux quatre coins du monde sur fond de crise écologique. Godzilla étant mort à la fin du long-métrage, c'est ici son dernier petit (dont l'oeuf a éclos dans le Madison Square Garden) qui prend la relève. Un Godzilla qui possède enfin un souffle atomique comme son "cousin" japonais. En France, la série a été diffusée sur Canal J et M6 Kid dès 1999.

Il faudra attendre une quinzaine d'années pour que le célèbre lézard radioactif reprenne de nouveau le chemin vers Hollywood, sous la bannière Legendary Pictures/Warner Bros...pour un reboot attendu dans les salles le 14 Mai.

Dossier : Godzilla et Hollywood
Dossier : Godzilla et Hollywood